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Les retraités français sont-ils vraiment des privilégiés ?

Social/France

mardi 21 novembre 2017

C’est devenu un cliché : d’un côté des retraités privilégiés, captant à leur profit les richesses du pays, et de l’autre des jeunes en galère dans une société en crise. Les comparaisons internationales montrent... que ce n’est pas totalement faux. Décryptage de notre partenaire Xerfi Canal.

Le taux de pauvreté chez les plus des 65 ans est de 3% en France.

Le revenu disponible (pensions + revenu du patrimoine essentiellement), net d’impôt, perçus par les plus de 65 ans, correspond à 100,4% de celui la population totale. Ce qui place la France en deuxième position des pays de l’OCDE, derrière le Luxembourg, seul autre pays où le revenu des seniors est en moyenne supérieur à celui de la population. Conséquence, le taux de pauvreté chez les plus des 65 ans, tel qu’il est calculé par l’OCDE, est de 3% chez nous contre plus de 12% en moyenne dans les pays de l’OCDE.

Si les retraités français bénéficient aujourd’hui d’un niveau de vie supérieur à la moyenne, ce ne fut cependant pas toujours la règle. Selon les données du Conseil d’Orientation des Retraites, en 1970, le niveau de vie des seniors correspondait à 70% de celui de l’ensemble de la population. L’écart va rapidement être comblé si bien qu’en 1996 les séniors passent devant. En jeu, l’effet de Noria, c’est-à-dire l’arrivée massive à la retraite des actifs ayant eu des carrières complètes, auquel s’ajoute la progression de l’activité féminine, qui se traduisent par des générations ayant acquis davantage de droits que leurs aînées, donc des pensions supérieures.

Rupture de tendance de 1996 à 2006 environ. Les niveaux de vie moyens des retraités et de la population évoluent parallèlement et le rapport se stabilise, avant de progresser à nouveau en faveur des retraités en fin de période. Mais c’est surtout parce que la rémunération des actifs ne bouge pas. Avec la crise le chômage s’étend, les salaires sont sous pression et les revenus d’activité flanchent. C’est ce décalage qui explique la remontée du ratio.

Vers un retour en arrière ?

Mais c’est le chant du cygne pour les retraités. D’après les projections du Conseil d’Orientation des Retraites, les pensions, stricto sensu, vont progresser entre 27 et 38% d’ici 2060, selon les hypothèses retenues, et les revenus d’activité entre 53 et 101%. On peut toujours argumenter que pour compléter leur retraite, les seniors disposent de revenus du patrimoine plus élevés. Rien de plus normal, c’est le fruit de l’accumulation de plus de 40 ans de vie professionnelle. Plus souvent propriétaires et plus souvent libérés de toutes charges de remboursements, le Conseil d’Orientation des retraites évaluait à 4,5 points de niveau de vie relatif supplémentaire la prise en compte des loyers imputés nets (c’est à dire de la valeur locative du logement possédé, nette des intérêts d’emprunts payés).

Toutefois les retraités de demain devraient être moins chanceux...

Source : Challenges.fr (18 novembre 2017)

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