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Quand les robots nous donnent des ordres au travail

Social/France

lundi 9 octobre 2017

Les commandes vocales intensifie le travail des manutentionnaires.

 

Dans les entrepôts, casques sur la tête, les manutentionnaires des plateformes logistiques n’ont plus à penser, seulement à exécuter. Et ce, depuis des années. D’ailleurs, Lidl, visé dans l’enquête d’Elise Lucet et son équipe diffusée le 26 septembre sur France 2, le reconnaît, dans un communiqué, tout en se dédouanant : ’ce n’est pas un sujet propre à Lidl, puisque la commande vocale est devenue une pratique quasi systématique dans la logistique depuis le début des années 2000.’

Un entre-deux de modernisation

Dès 2008, Philippe Davezies, enseignant chercheur en médecine du travail, a été missionné par l’antenne Rhône-Alpes de la Caisse d’assurance retraite et de la santé au travail (Carsat), intriguée du nombre d’accidents dans le secteur, pour produire un rapport sur les enjeux de santé liés à l’utilisation de la commande vocale sur les plateformes logistiques.

’Le système de guidage par reconnaissance vocale est une espèce d’entre-deux de modernisation : on a robotisé une partie, mais pas l’empilage ni le ramassage. Cela donne un résultat monstrueux’, affirme l’auteur du rapport.

Maladies ostéo articulaires

D’abord du fait de l’augmentation de l’intensité des tâches à accomplir : avec les ordres qui parviennent directement dans l’oreillette, aucun temps mort. Il faut charger et dépalettiser en continu. ’Le dispositif induit une autoaccélération, alerte Philippe Davezies. Le manutentionnaire est un périphérique pure de la machine, il ne peut plus suivre et cela provoque des maladies ostéo articulaires.’ Comme la lombalgie, la polyarthrite rhumatoïde, l’arthrose, l’ostéoporose ou des troubles musculo-squelettiques.

Empêché de penser

’L’autoaccélération provoquée par le voice picking empêche de penser. Les manutentionnaires accélèrent même le débit de parole de l’ordinateur pour pouvoir aller plus vite’, rapporte le chercheur. On ne fait plus appel à leur capacité d’organisation d’une palette, d’où ’l’absence de développement personnel qui provoque une souffrance liée à la vacuité du travail’, analyse-t-il.

Accidents de circulation

’Les caristes disent que les préparateurs de commandes sont dangereux car ils sont dans leur bulle’, retranscrit Philippe Davezies. Focalisés sur les consignes de l’ordinateur, ils n’entendent pas venir les chariots qui circulent dans l’entrepôt et les accidents de circulation sont légion. Surtout, les salariés sont coupé les uns des autres. L’isolement s’ajoute alors à leurs maux. 

Source : bfmtv.com/ (05 octobre 2017)

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