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Télécoms : quand le gouvernement fait de la 5G "une priorité"

Télécoms

mardi 24 juillet 2018

« Aujourd’hui, nous lançons un appel aux industriels à innover, à expérimenter, à se saisir de la technologie 5G », écrivent Delphine Gény-Stephann, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances, et Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État en charge du numérique auprès du Premier ministre, dans un communiqué conjoint. (Crédits : Reuters) L’exécutif a présenté ce lundi une feuille de route concernant l’arrivée de cette prochaine génération de communication mobile, dont les premiers déploiements commerciaux sont espérés à partir de 2020.

Pour le gouvernement, la 5G est bien « une priorité ». Voilà ce que l’exécutif a indiqué lundi 16 juillet en présentant une « feuille de route » concernant l’arrivée de cette prochaine génération de communication mobile. « Aujourd’hui, nous lançons un appel aux industriels à innover, à expérimenter, à se saisir de la technologie 5G », ont écrit Delphine Gény-Stephann, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances, et Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État en charge du numérique auprès du Premier ministre, dans un communiqué conjoint.

Selon eux, la 5G « va transformer la connectivité de nos entreprises : les échanges de données vont être accélérés, plus sécurisés, plus fluides ou pourront être réalisés avec une consommation énergétique plus faible ». Ils poursuivent :

« En faisant de la 5G une priorité, nous préparons la France aux innovations de demain. Car elle permettra de développer des applications dans tous les secteurs industriels : la santé, en commandant des opérations chirurgicales à distance, les services, en connectant des objets à moindre frais énergétique, ou encore les transports. »

« Être en retard sur la 5G n’est pas une option »

L’exécutif a fixé plusieurs objectifs. Primo : les fréquences nécessaires à l’utilisation de cette technologie devront être attribuées en 2020. Secundo : les déploiements commerciaux devront débuter cette même année, et concerneront « au moins une grande ville ». Tertio : les ministres souhaitent que les principaux axes de transports soient couverts en 5G d’ici 2025.

Comme c’est l’usage lors de ce type d’annonce, le gouvernement a fait sa liste de « chantiers prioritaires », en intégrant de récents travaux de l’Arcep, le régulateur des télécoms, sur la 5G. Ceux-ci concernent la libération et l’attribution des fréquences dédiées à cette technologie, ou encore la mise en place de projets ’pilotes’ pour permettre aux opérateurs télécoms et aux industriels de développer de nouveaux usages. Car « un des enjeux de la 5G réside dans son appropriation par les acteurs économiques », rappelle Sébastien Soriano, le président de l’Arcep, dans le même communiqué.

Aux yeux de ce dernier, qui a en mémoire le retard français en matière de 4G, pas question de répéter les erreurs du passé. « Être en retard sur la 5G n’est pas une option », insiste Sébastien Soriano. Or, le patron de l’Arcep n’affiche pas aujourd’hui une grande sérénité à ce sujet. Dans une interview accordée au site Next INpact, en mars dernier, il craignait ainsi « un attentisme » de la part des grands opérateurs français en matière de 5G. Pour que ces derniers se préparent à lancer cette technologie dès que possible, l’Arcep a récemment délivré des autorisations spéciales aux opérateurs. À l’instar de Bouygues Telecom, qui mène des expérimentations à Bordeaux, les fournisseurs d’accès à Internet (FAI) peuvent utiliser des fréquences 5G dans certaines villes pour mener des tests en condition réelle.

Un chantier complexe

Ce mardi 17 juillet, lors d’une matinale organisée dans la capitale par La Tribune et la Chambre de commerce et de l’industrie de Paris Île-de-France, Fabienne Dulac, la patronne d’Orange France, a salué à sa manière la mobilisation affichée par le gouvernement concernant la 5G.

« Je ne voudrais pas être provocante, mais nous n’avons pas attendu la conférence de presse d’hier matin pour nous emparer du sujet de la 5G », a-t-elle lancé.

Pour la dirigeante, l’annonce gouvernementale a quoi qu’il en soit eu un mérite : celui d’octroyer aux opérateurs des autorisations liées à des expérimentations sur la 5G. Sachant, note-t-elle, « qu’on les demandait depuis la mi-2016 ».

Fabienne Dulac a ensuite rappelé pourquoi la 5G constituait un chantier complexe, tout en estimant que la France n’était pas en retard. Selon elle, le déploiement de cette technologie « nécessite quatre prérequis ». En premier lieu, il faut d’abord des normes fiables au niveau européen, affirme Fabienne Dulac. « Cela nécessite de se mettre d’accord avec (les) 28 régulateurs (nationaux de l’UE), souligne-t-elle. Ce n’est pas chose facile même si nous y arrivons. » Le second prérequis, lui, concerne la libération et l’attribution des fréquences par l’Arcep et le gouvernement. La troisième condition concerne l’arrivée des premiers terminaux 5G, qui, selon la dirigeante, devraient être disponibles en France à partir de la mi-2019. Enfin, « il faut quand même que l’opérateur ait le temps de déployer ses antennes », enchaîne Fabienne Dulac. Sachant qu’il faut, rappelle-t-elle, « en moyenne, entre 5 à 10 ans pour déployer un réseau mobile ».

Trouver « un équilibre de monétisation »

En outre, Fabienne Dulac fait un lien entre le déploiement de la 5G, qui va nécessiter de coûteux déploiements de la part des opérateurs, son retour sur investissements et la possible consolidation du marché français des télécoms.

Selon elle, un retour à trois FAI en France est « globalement [...] d’autant plus souhaité par les opérateurs et par l’Arcep » que les acteurs savent « pertinemment qu’il faudra trouver un équilibre de monétisation ».

D’ailleurs, au printemps dernier, lorsque Sébastien Soriano a affirmé qu’il n’était plus opposé à une consolidation du marché français des télécoms, celui-ci a notamment fait référence à un gros deal outre-Atlantique : le mariage entre les géants du mobile Sprint et T-Mobile US, qui ont affirmé au mois d’avril que leur union leur permettrait d’abord de bâtir au plus vite un grand réseau 5G au pays de l’Oncle Sam.

Source :  latribune.fr (17 juillet 2018)

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