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Faits religieux au travail. « Il faut faire preuve de bon sens »

Social/France

jeudi 5 octobre 2017


Hugo Gaillard a animé une conférence sur le sujet à la demande du club Face (Fondation agir contre l’exclusion ) du Mans, un groupement d’entreprises, la semaine dernière, au Mans. | 
Permettre à ses salariés de vivre leur foi dans le cadre professionnel n’est pas un casse-tête, affirme le chercheur en management à l’université du Mans Hugo Gaillard. Entretien avec L’Allonnais qui écrit une thèse sur la gestion des faits religieux dans le contexte professionnel.

Un fait religieux, c’est quoi ?

Tout ce qui exprime une appartenance à une religion. Comme le simple fait de porter le voile, une kippa ou une croix autour du cou. Ces signes ostentatoires sont interdits dans la fonction publique.

Et dans le secteur privé, comment doit réagir un chef d’entreprise ?

La loi est claire. Encore faut-il la connaître ! Un patron peut inscrire dans son règlement intérieur la neutralité religieuse et ainsi interdire tout signe ostentatoire. Mais il devra se justifier : l’interdiction peut être motivée par le contact avec des clients, des enfants... Ou pour des raisons de sécurité. Pas de bijoux quand on travaille sur des machines, par exemple.

Comment trouver l’équilibre entre l’interdiction stricte et le « tout permis » ?

Personne n’a intérêt à pratiquer la discrimination. C’est illégal et mauvais pour l’image de l’entreprise. Je recommande de dépassionner le débat : un salarié qui demande un aménagement de son temps de travail pour pratiquer sa religion doit être écouté comme une personne qui veut la même chose pour conduire son enfant au foot.

Il faut percevoir son entreprise comme une société républicaine en miniature : personne ne doit être laissé à la porte, mais accepté avec ses différences. Faire preuve de bon sens, de neutralité. Laisser les salariés discuter de religion, oui. Fermer les yeux sur le prosélytisme, non. Il existe un guide du fait religieux sur le site du ministère du Travail. Toutes les situations y sont abordées.

Quelles questions les chefs d’entreprise se posent-ils le plus souvent ?

« Dois-je proposer un menu confessionnel, kasher ou halal, si on m’en fait la demande ? » Non. Mais un menu de substitution, avec du poisson, ou végétarien. « Dois-je installer une salle de prière ou de méditation ? » Pourquoi pas, s’il y a de la place. Mais dans un lieu ouvert à tous, pas uniquement réservé à cet usage. En revanche, refuser de travailler avec une femme est irrecevable. En général, ces demandes sont plutôt rares. La grande majorité des croyants pratiquent leur religion à domicile

Source : ouest-france.fr (02 octobre 2017)

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