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« La sursollicitation numérique est une des causes du burn-out »

Social/France

mercredi 28 juin 2017

Mail, logiciel de chat, réseaux sociaux,… Les canaux de sollicitation au travail se sont multipliés. Rappelant que le cerveau n’est pas multitâche, Caroline Cuny, titulaire d’une thèse en psychologie cognitive et enseignante chercheuse à Grenoble Ecole de Management, publie en ligne un « Guide des bonnes pratiques pour lutter contre la sursollicitation numérique » et explique les conséquences pour le cerveau de ce flux d’information continu au travail.

Comment les outils numériques ont-ils modifié notre rapport au travail ?

De deux façons. Tout d’abord, grâce à eux, nous sommes en contact constant et direct avec de nombreux types d’interlocuteurs : collègues, clients, fournisseurs, supérieurs hiérarchiques... Même s’ils se trouvent à des endroits géographiques très éloignés, nous restons connectés. Ce qui augmente la plage horaire de possible sollicitation pour notre cerveau.

Ce flux de réception continu nous fait perdre le degré d’appréciation de la valeur et de l’urgence des informations Twitter

Ensuite, ce flux de réception continu nous fait perdre le degré d’appréciation de la valeur et de l’urgence des informations. Notre cerveau les interprète avec une importance similaire. De plus, quand il est sous pression, le cerveau classe les informations très rapidement en leur attribuant une étiquette émotionnelle. C’est le cas par exemple quand le message provient d’un chef.

Quelles sont les conséquences pour le travail ?

Deux stratégies sont mises en place par notre cerveau. Soit il ralentit, pour prendre plus de temps pour faire chaque chose. Soit, il reste en surchauffe et va commettre davantage d’erreurs, en interprétant mal des informations. Dans les deux cas, l’impact est négatif pour la performance. De plus, pour l’individu qui est tout le temps sollicité, le cerveau peut, à terme, avoir vraiment besoin d’une pause. Il s’agit d’une des causes du burn-out par épuisement des ressources mentales. J’insiste, nous ne pouvons pas faire deux choses à la fois.

Il s’agit d’une des causes du burn-out par épuisement des ressources mentales

Seuls les experts d’un domaine, dont certaines tâches sont automatisées, souffrent moins de cette sursollicitation. Tous ceux en revanche qui doivent traiter une variété de tâches, parfois nouvelles, subissent cette charge psychique trop forte.

Quels sont vos conseils pour éviter cela ?

Le principal est l’organisation et la planification de ses activités en y donnant un sens global. Il faut également garder du temps pour les activités impromptues et urgentes. De plus, il est indispensable de se ménager des pauses, pour régénérer la charge mentale, même des micro-pauses. Il est également recommandé d’être modeste sur ce dont nous sommes capables de réaliser et d’essayer de raisonner ses supérieurs hiérarchiques. Le droit à la déconnexion peut être utile en ce sens pour exprimer le besoin de ne pas être sollicité à toute heure.

Il est indispensable de se ménager des pauses, pour régénérer la charge mentale, même des micro-pauses

Les managers ont un rôle d’exemplarité sur cette liberté à se déconnecter. Il est nécessaire de dire qu’à certains moments, un besoin d’une heure, ou plus est nécessaire pour se concentrer sur une tâche particulière.

Source : alternatives-economiques.fr (27 juin 2017)

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