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On s’y emploie. Les idées reçues sur le burn out

Social/France

jeudi 11 mai 2017

Source : francetvinfo.fr (6 mai 2017)

Aujourd’hui on tord le cou aux idées reçues sur le burn out, à l’occasion de la sortie d’un livre qui fait la lumière sur ce mot que l’on emploie souvent à tort et à travers.

Jean-Claude Delgènes est le fondateur de Technologia, l’un des principaux cabinets de prévention des risques au travail, il a fait de la prévention du burn out l’un de ses chevaux de bataille. Il a cosigné Idées reçues sur le burn out qui parait la semaine prochaine aux éditions Le Cavalier bleu. Parmi ces idées reçues, celle selon laquelle le burn out est une fatigue passagère, que tout le monde peut, un jour ou l’autre "faire son burn out"...

Le burn out, une fatigue passagère ?

J.C.D. : il faut vraiment se méfier de cette idée. Il faut savoir que l’effondrement qui suit un épuisement professionnel peut avoir des conséquences terribles pour la santé, voire entraîner un passage à l’acte suicidaire. Nous-mêmes, nous avons traité 104 cas de crise suicidaire depuis 10 ans, et un gros tiers était lié à des cas d’épuisement professionnel. Donc ça n’est pas une fatigue passagère, c’est un long processus qui peut conduire au suicide, il faut donc se préserver.

Les signes avant-coureurs

Il y a aussi cette idée que le burn out nous tomberait dessus sans prévenir, comme un coup de tonnerre dans un ciel d’été...

J.C.D. : non, en fait l’effondrement émotionnel et physique qui suit ce processus est assez long. Le corps est une machine bien faite, il envoie des signaux. Quand vous êtes par exemple fatigué alors que vous avez passé une bonne nuit et que vous n’arrivez pas à récupérer, c’est qu’il faut vraiment s’alarmer. C’est un long processus d’altération de la santé.

Processus qui peut commencer par un simple sur-engagement dans le travail, dans un grand plaisir pris dans le travail...

J.C.D. : oui ceux qui tombent en effondrement professionnel sont ceux qui se sont enflammés. Pour pouvoir être brûlé de l’intérieur, il faut s’enflammer au départ. Ce ne sont pas des fainéants qui sont victimes de burn out ! Ce sont ceux qui au contraire ont une grande idée d’eux-mêmes et qui sont très engagés. A un moment donné, ils peuvent puiser trop dans leurs ressources et là, le corps décroche : ça peut être l’infarctus, l’AVC, la dépression d’épuisement...

Quel type de personne est concerné ?

On dit aussi que le burn out concerne surtout les personnes fragiles mentalement...

J.C.D. : non c’est une erreur. Vous avez des entreprises où vous avez 4 ou 5% de personnes qui partent en burn out et d’autres dans lesquelles tout se passe bien. Comment l’expliquer ? Comment expliquer dans bon nombre de pays occidentaux la croissance des cas d’épuisement, si ce n’est qu’aujourd’hui le culte de la performance, l’enchainement avec la laisse électronique, le fait que le travail grignote toutes les autres activités, font que les gens sont en surchauffe totale, tout le temps, et c’est la maladie du trop... Trop d’investissement, trop de travail, trop de temps consacré à l’activité professionnelle ...

Les fonctionnaires ne seraient pas exposés au burn out ?

J.C.D. : c’est une erreur. On travaille beaucoup dans le milieu de l’enseignement, on le voit chez les médecins, on le voit dans les hôpitaux... Toutes les professions sont concernées. Au départ c’étaient des populations de soignants et d’enseignants qui étaient touchées, aujourd’hui tout le monde est concerné, du fait des rythmes et de l’immédiateté.

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