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Santé : les fonctionnaires s’estiment lésés par rapport au privé

Social/France

vendredi 21 avril 2017

Source : lefigaro.fr (20 avril 2017)

Les agents publics doivent payer seuls leur complémentaire santé, alors que le gouvernement a imposé aux entreprises de financer pour moitié la complémentaire des salariés du privé.

Une fois n’est pas coutume, les fonctionnaires seraient moins bien traités que les salariés du privé ! Le gouvernement a imposé depuis le 1er janvier 2016 à toutes les entreprises privées de souscrire une complémentaire santé pour leurs salariés et d’en payer a minima 50%. En revanche, il n’a fixé aucune obligation à la sphère publique, qui emploie pourtant 5,6 millions d’agents. « On dit que les fonctionnaires sont protégés de toute part, c’est faux en ce qui concerne la protection sociale », conclut Serge Brichet, président de la Mutualité Fonction Publique (MFP), qui regroupe 21 mutuelles de fonctionnaires. Bien décidée à se faire entendre des candidats à l’élection présidentielle, la MFP a lancé mercredi une vaste campagne de communication pour alerter les pouvoirs publics sur la « précarité sociale des fonctionnaires ».

Qu’en est-il exactement ? Aujourd’hui les fonctionnaires peuvent souscrire à une mutuelle, mais cela reste une démarche individuelle et facultative. Le coût de cette complémentaire, estimé entre 600 et 800 euros par an en moyenne, est très majoritairement à leur frais. « L’employeur public ne prend en charge dans son ensemble que 3% de la complémentaire santé, alors que, dans le privé, l’employeur paie 50%. Les salariés du privé reçoivent en moyenne 244 euros par an de leur entreprise », souligne Serge Brichet. Dans la fonction publique d’État, 6 agents sur 10 perçoivent 1,60 euro par an de leur employeur. C’est notamment le cas des enseignants. C’est un peu mieux, mais variable, dans la fonction publique territoriale : 1 agent sur 3 bénéficie d’une aide en santé de sa collectivité locale et l’abondement peut aller de 1 euro à 20 euros par mois, en fonction de la richesse de la collectivité et de sa politique de ressources humaines.

Taux de renonciation aux soins plus élevé

En revanche, les agents de la fonction publique hospitalière restent le parent pauvre : l’État ne participe pas du tout au financement de leur complémentaire santé. Néanmoins, en vertu de l’article 44 du code de la fonction publique, les agents peuvent se faire soigner gratuitement dans l‘établissement où ils travaillent. « Ce n’est bien sûr pas le même accès aux soins, si l’agent travaille en Ephad (NDLR, maison de retraite) ou dans un CHU (Centre hospitalier universitaire) », souligne Serge Brichet. Résultat, le taux de renonciation aux soins serait plus élevé chez les fonctionnaires que dans la population générale : 41% des agents publics renonceraient à se soigner pour des raisons financières (contre 25% à 30% en moyenne nationale). « Lorsque les agents souffrent, c’est tout le service apporté au public qui souffre », martèle Serge Brichet, soulignant que 57% des agents publics hospitaliers pâtissent de troubles musculosquelettiques ou encore que 39% des agents territoriaux sont touchés par une maladie chronique (deux fois plus que la moyenne nationale).

Face à ce constat, la MFP suggère plusieurs pistes. Elle demande une hausse de la participation des employeurs publics au financement des mutuelles des agents. Elle estime que la protection sociale complémentaire pourrait être un élément de négociation salariale dans la fonction publique. Ou encore qu’un crédit d’impôt pourrait être accordé à ceux qui financent leur complémentaire. Mais cela supposerait une remise à plat du système ... pas évidente à l’heure de la disette budgétaire !

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