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TEST : Etes-vous en burn-out, bore-out… ou brown-out ?

Social/France

mardi 21 novembre 2017

Surmenage, ennui mortel, quête de sens… La liste des pathologies du monde du travail est presque aussi fournie que le nombre de scientifiques qui se penchent désormais sur la question. Petit glossaire sur les différentes formes d’épuisement au travail. Et – tests à l’appui – les bonnes questions à se poser.

Burn-out, bore-out, brown-out... Petit glossaire des nouveaux mots pour les maux de l’entreprise. Test à l’appui.

Burn-out, brown-out, bore-out… A première vue, on se dit que les experts ne savent plus quoi inventer pour désigner les multiples formes de souffrance et d’épuisement au travail. Gimmicks… ou véritables nouvelles pathologies ? Stéphane Bourbier, le fondateur de OurCompany – une appli qui mesure quotidiennement le bien-être au travail selon son niveau d’humeur, de stress et d’énergie, sorte de Tripadvisor dans l’entreprise – est formel : ’ Plus que des gimmicks, voire un excès d’anglicismes, il faut y voir l’occasion de mettre enfin des mots sur des problèmes qui existent depuis longtemps dans le monde du travail et de provoquer un électrochoc dans l’entreprise. Désigner ces maux facilite à la fois leur reconnaissance et leur traitement. ’ ’ Cela pointe aussi que ce n’est pas forcément la charge de travail qui est en cause, mais le fait que le salarié se sente ou non à sa place, valorisé à la hauteur de son potentiel, de ses envies, voire tout simplement reconnu en tant que personne,’ complète Gaëlle Monteiller, ancienne directrice de l’usine PSA de Poissy et pilote du lancement de la 208, qui a fondé il y a quelques mois la happytech Tod, visant une autre approche du management.

Mais avant toute quête de reconnaissance, il reste à établir l’(auto)diagnostic. Alors…seriez-vous en burn-out, bore-out, voire éventuellement en brown-out ? Petit glossaire des nouveaux mots pour désigner les différents maux en entreprise. Et les bonnes questions à se poser pour les détecter. Sachant qu’il n’est pas interdit - non plus - d’être heureux au travail !

 

Le burn-out

Le burn-out ou ’ syndrome d’épuisement professionnel ’ se caractérise par un épuisement général, à la fois physique, psychique et émotionnel, lié au trop-plein de travail. ’ Il résulte d’un déséquilibre entre les ressources individuelles, perçues et réelles, et la pression subie de par la charge de travail, ’ complète Elodie Brisset, psychologue sociale et associée d’OurCompany. Vos batteries sont complètement à plat et vous ne parvenez pas à récupérer et à ’ décrocher ’ sur de courtes durées, les soirs et le weekend notamment. Cette fatigue se manifeste d’autant plus insidieusement qu’on a souvent tendance à la nier –en entreprise, hélas, avouer un burn-out est encore trop souvent synonyme d’échec personnel. Le burn-out s’accompagne de nombreux symptômes : insomnies, anxiété, mal de dos, perte de mémoire… La question de sa reconnaissance comme maladie professionnelle ressurgit régulièrement, souvent au gré de l’actualité. En mai dernier, la Haute Autorité de santé a rendu un avis défavorable sur le sujet. Affaire à suivre ?

 

Le bore-out

Bien plus tabou que le burn-out, inventé en 2007 par deux consultants suisses, Peter Werder et Philippe Rothlin, ce terme désigne l’exact inverse du burn-out, à savoir un état d’ennui au travail tel qu’il conduit, lui aussi, à une forme d’épuisement général, voire de dépression. Les symptômes physiques peuvent être les mêmes que pour le burn-out. Le travailleur ’ placardisé ’ n’est pas le seul concerné : ’ Le bore-out peut intervenir dès lors que la personne est ou se sent sous-employée au niveau intellectuel, ou sous-sollicitée au regard de ses compétences… Elle a l’impression, en somme, de ne pas être la bonne personne au bon endroit. Et souffre de l’inadéquation entre ce qu’elle sait, aime faire, et ce qu’elle fait’, détaille Elodie Brisset. Avec le risque in fine de se sentir inutile ? L’an dernier en France, pour la première fois, un salarié a attaqué pour bore-out son entreprise aux prud’hommes. Faute d’avoir pu se départager, le Conseil de prud’hommes a renvoyé l’examen du dossier à un magistrat professionnel.

 

Le brown-out

Dernière pathologie en date du monde du travail, conceptualisée cette fois par les chercheurs britannique et suédois, Andre Spicer et Mats Alvesson, dans leur livre consacré au paradoxe de la stupidité fonctionnelle en entreprise (The stupidity paradox) – le constat que la stupidité peut servir, mais aussi beaucoup desservir l’entreprise. Le brown-out, c’est une baisse de régime lié à la quête de sens, et de la finalité de son travail par rapport à soi, et à la culture de son entreprise. Un mal-être né aussi, parfois, de l’absurdité de certaines tâches quotidiennes. ’ On est au carrefour de l’éthique individuelle et du projet collectif. On entre sur le terrain de l’adhésion à son entreprise, à sa politique, ses valeurs, et la confiance dans les humains qui l’incarnent, dit Elodie Brisset. C’est aussi le sentiment – ou pas - que les méthodes et l’organisation du travail conviennent et que l’entreprise se soucie du bien-être des gens. ’ Vaste programme, auquel les entreprises tentent aujourd’hui de remédier (avec plus ou moins de succès), à coups de mobilier New Age, de grand-messes de managers pieds nus et sans cravate, ou de grand discours mobilisateurs, tel celui, sincère et éloquent lui, prononcé l’an dernier devant les diplômés de HEC, par Emmanuel Faber, le patron de Danone. Il y a urgence. Toutes les études le pointent : les nouvelles générations, millennials et autres, veulent donner du sens à leur job.

Source : challenges.f (17 novembre 2017)

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