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La santé au travail peine-t-elle à réaliser sa révolution digitale ?

Social/France

lundi 16 octobre 2017

La Santé au Travail fait partie intégrante de la vie des salariés français. Né dans les années 20, le principe de Santé au Travail – tel que nous le connaissons aujourd’hui – s’est généralisé durant l’après-guerre. La médecine du travail est devenue progressivement une véritable institution.

Mais, depuis la création de ce système, les besoins et les attentes des collaborateurs et des entreprises ont évolué et la nécessité d’un système de santé au travail, orienté à 100 % sur la prévention n’a jamais été aussi importante. Et la médecine du travail peine aujourd’hui à se réinventer.

Un système plus que jamais nécessaire

À l’heure où la révolution numérique transforme en profondeur l’organisation du travail, les travailleurs doivent avoir la garantie que cette transformation ne se fera pas au détriment de leur santé.

À l’heure où l’absentéisme coûte chaque année plus de 60 milliards d’euros aux entreprises, un effort particulier doit être mis en oeuvre pour prévenir les absences. Améliorer la santé des travailleurs, favoriser le retour à l’emploi et renforcer la qualité de vie au travail devient primordial.

À l’heure où de plus en plus de personnes sont à la fois salariés, parents et aidants, un accompagnement doit être mis en place pour leur permettre de gérer l’ensemble de ces charges (un aidant est 6 fois plus absent qu’un non-aidant).

À l’heure où 20 % de la population est atteinte d’une maladie chronique, l’employabilité de ces personnes doit être favorisée et l’augmentation de ces maladies enrayée par une prévention accrue.

Un mode de fonctionnement sous tension

Si les besoins et les attentes des salariés et des entreprises ont changé, le système lui-même n’a que peu évolué. Il reste toujours médico-centré, articulé autour d’un suivi médical individuel et subit de plein fouet la décroissance de la population médicale. Des 5000 médecins du travail actuellement en exercice, il n’en restera que la moitié d’ici 5 ans.

L’inadéquation du système avec les besoins actuels, ses difficultés opérationnelles et son inertie ont largement écorné son image. Peu d’entreprises en font le pivot de leur prévention et la majorité d’entre elles ne le voient plus que comme une obligation règlementaire à laquelle il faut se plier.

Une transformation qui ne pourra se faire que par un mariage intelligent alliant numérique et humain

Ces difficultés sont bien connues, et le législateur via les évolutions règlementaires successives incite la santé au travail à se transformer : davantage de travail en équipe, plus de délégation aux infirmiers, un rôle renforcé sur la prévention collective. D’ailleurs, la plupart des services de santé au travail ont commencé à se transformer au cours des dix dernières années.

Cependant, cette transformation a cruellement besoin aujourd’hui d’un coup d’accélérateur important et on ne pourra le lui donner que par une utilisation ciblée, mais extensive des outils digitaux. En effet, comment le médecin peut-il déléguer efficacement une large partie du suivi individuel des salariés sans outils appropriés pour collaborer à distance ?

Comment assurer un suivi uniforme des salariés d’une même entreprise quand ses collaborateurs sont déployés sur toute la France sans des outils pour assurer cette uniformité ? Comment cibler les plans de prévention sans collecter et analyser la richesse des données recueillies au cours des visites de suivi d’état de santé ? Comment suivre efficacement un salarié tout au long de sa carrière dans différentes entreprises sans un dossier médical numérisé qui le suit ?

La télémédecine se développe largement, en ville comme à l’hôpital. Celle-ci, ainsi que la panoplie d’outils de communication, de collaboration et d’analyse de données largement disponibles dans tous les secteurs d’activité, doit maintenant intégrer la santé au travail.

Bien sûr, les garde-fous sur la sécurité des données et leur confidentialité devront être mis en place. Mais ces précautions prises, le système pourra ainsi se rénover, redorer son image, et retrouver son rôle de pivot de la prévention individuelle et collective.

Source : Lesechos.fr (12 octobre 2017)

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