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Fonctionnaires : faut-il réinstaurer le jour de carence ?

Social/France

jeudi 9 mars 2017

Source : Lefigaro.fr (08 mars 2017)

LES QUESTIONS DE LA PRÉSIDENTIELLE - Jusqu’au premier tour, Le Figaro s’intéresse chaque semaine à un thème économique.

Pour ou contre le rétablissement du jour de carence dans la fonction publique supprimé par François Hollande le 1er janvier 2014 ? « Quand j’ai entendu Macron proposer un jour de carence pour les agents malades (...) je me suis dit, tiens François Fillon a un hologramme », se moquait Benoît Hamon, candidat socialiste, lors de son meeting brestois, le 1er mars. Tout comme lui d’ailleurs, Jean-Luc Mélenchon est contre le rétablissement du jour de carence dans le public, mais aussi pour sa suppression dans le privé. Parmi les principaux candidats à l’élection présidentielle, la plupart plaide pour sa réinstauration. C’est le cas de François Fillon, candidat de la droite « dans un souci d’équité avec le secteur privé ». C’est aussi l’avis de Nicolas Dupont-Aignan et d’Emmanuel Macron. Quant à Marine Le Pen, patronne du FN, elle propose, « dans un souci d’égalité », d’établir « à deux jours le délai de carence dans le public et le privé ».

Ce système, qui consiste à supprimer la paie le premier jour d’absence pour maladie, avait été mis en place, par Nicolas Sarkozy, pour les fonctionnaires, le 1er janvier 2012.

Le prétexte de sa suppression deux ans après ? Il s’agissait d’une mesure « injuste, inutile et inefficace », selon Marylise Lebranchu, la ministre de la Fonction publique de l’époque. Et puis, la mesure prise par le gouvernement Fillon aurait permis une économie annuelle de 60 millions d’euros « seulement », alors que le double était escompté, indiquait une source gouvernementale.

Aujourd’hui, lorsqu’un salarié de la fonction publique est malade, il est aussitôt indemnisé par la sécurité sociale, alors qu’un salarié du privé ne perçoit une indemnité qu’à partir du quatrième jour de maladie.

Absentéisme galopant

Au-delà du problème d’équité posé, le nombre d’arrêt maladie explose dans la fonction publique. Dans les collectivités locales, par exemple, les derniers chiffres de Sofaxis , courtier en assurance qui réalise chaque année une étude sur le sujet, révèlent que le nombre d’arrêts pour 100 agents employés s’élève à 72 en 2015, et à 65 arrêts en 2014 après que le jour de carence a été supprimé. En 2012 et en 2013, ce chiffre est tombé à 62 puis à 60, après la mesure de Sarkozy. Alors que, en 2011, on comptait 70 arrêts pour 100 agents employés.

Dans la fonction publique hospitalière, même problème. Dans une enquête publiée en avril dernier à partir de la base publique de données Hospi Diag, Le Figaro avait constaté que seule la mise en place du jour de carence en 2012 avait su enrayer la montée l’absentéisme dans les hôpitaux publics (23 jours par agent et par an en 2014 ) qui ont désormais retrouvé leur niveau d’avant 2012.

Le 3 février dernier, la Fédération hospitalière de France, porte-voix des établissements publics avait lancé sa plateforme de propositions pour le prochain quinquennat. Elle avait appelé à des réformes de fond, préconisant le rétablissement du jour de carence pour lutter contre l’absentéisme mais aussi pour faire des économies. Cette seule mesure avait rapporté « l’équivalent de 90 millions d’euros ».

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