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Pour Xavier Niel, l’Etat n’a rien à faire au capital d’Orange

Télécoms

vendredi 27 octobre 2017

Le fondateur et propriétaire d’Iliad (Free) a estimé, dans l’émission Clique Dimanche (Canal+), que l’Etat doit se désengager de l’opérateur historique, dont il détient près de 23% du capital. En outre, il a critiqué la politique de son rival Patrick Drahi, le propriétaire de SFR, en matière de presse.

Alors que le gouvernement a indiqué, le mois dernier, que plusieurs privatisations allaient voir le jour, un désengagement de l’Etat dans Orange (dont il possède près de 23%) constitue, aux yeux des observateurs, une sérieuse possibilité. Pour Xavier Niel, le fondateur et propriétaire d’Iliad (Free), une telle manœuvre serait bienvenue. Hier, dans l’émission Clique Dimanche sur Canal+, il n’y est pas allé par quatre chemins :

« Je pense que l’état doit se désengager d’Orange. Et vous pouvez aussi poser la question de la légitimité, peut-être, de l’Etat à avoir autant de chaînes publiques... »

A ses yeux, « ce n’est pas le rôle de l’Etat d’être actionnaire de sociétés privées qui vivent dans un monde concurrentiel ». Avant de juger que l’Etat devrait davantage concentrer ses moyens sur d’autres sujets importants, comme « l’énorme problème du logement ».

Pour rappel, Bruno Le Maire a annoncé début septembre que l’Etat allait « privatiser certaines entreprises pour avoir de l’argent afin de financer l’innovation ». D’après le ministre de l’Economie, « c’est une meilleure façon de dépenser de l’argent en finançant l’innovation plutôt que d’être emprisonné dans certaines compagnies qui ne sont pas stratégiques pour l’Etat français ». Au total, l’Etat espère récolter quelque 10 milliards d’euros, qui devraient être confiés à Bpifrance pour investir, notamment, dans l’industrie du futur.

« Rendre la presse gratuite, c’est la détruire »

Au passage, Xavier Niel, actionnaire à titre personnel du Monde et L’Obs, s’est montré très critique envers la vision de la presse de son rival Patrick Drahi, qui a racheté L’Express et Libération, avant de les faire passer sous la coupe de son opérateur SFR. Le propriétaire de l’opérateur au carré rouge avait ensuite inclus dans ses abonnements un accès illimité à ces journaux, notamment pour profiter d’une TVA plus avantageuse. Une initiative qui a visiblement irrité le patron de Free :

« Je pense que rendre la presse gratuite, c’est la détruire, dit-il. C’est plus ce que je vais appeler une magouille de TVA. Cela consiste juste à dire : si je mets de la presse dans mon forfait téléphonique, j’ai une TVA réduite, je gagne 400 millions d’euros, ça me fait économiser 10 millions, et je fais [une belle affaire sur le] plan financier. Donc, en fait, [SFR] ne s’intéresse pas à la presse. Au contraire, je pense qu’il accélère [sa] disparition plutôt que de l’aider. »

A noter que les députés français ont décidé de mettre fin à cette pratique. Ce samedi, dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances (PLF) 2018, ils ont voté un amendement qui réserve la TVA réduite pour la presse en ligne à sa vente effective par les opérateurs mobiles.

Source : latribune.fr (23 octobre 2017)

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