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Le travail à distance, ça s’apprend !

Social/France

mardi 8 août 2017

LE CERCLE/CONSEIL - Avec l’essor des tablettes, smartphones et des tiers-lieux de travail, on devient tous des travailleurs nomades. Mais les risques existent et les conséquences peuvent être lourdes. Quelques conseils pour bien se préparer avant de sauter le pas.

Qui n’a jamais préparé une réunion dans le train, bouclé un budget le soir à la maison, répondu à des e-mails dans le bus... ? Quel cadre ne travaille jamais en dehors de son bureau, ne serait-ce que quelques heures par mois ?

Tous ces moments passés à travailler hors cadre professionnel relèvent d’une tâche dont le suivi et la reconnaissance sont difficiles, car il s’agit souvent d’un télétravail ponctuel et informel. Avec l’essor des tablettes, smartphones et des tiers-lieux de travail, on devient tous des travailleurs nomades : où vous voulez, quand vous voulez !

Des télétravailleurs qui s’ignorent

Dans un monde en pleine transformation digitale, le travail à distance s’est développé ces dernières années, dans bon nombre de secteurs d’activité. L’évolution des outils numériques et collaboratifs a accéléré et facilité la mise en place du télétravail.

Mais le travail à distance provoque également des changements dans les méthodes et les habitudes de travail, mais aussi au niveau du management : Plus de lieu fixe, plus d’horaire défini… de quoi changer les mentalités en entreprise !

Ces dernières années, le travail à distance a pris plusieurs formes : le télétravail (le « à domicile »), le travail nomade (le « n’importe où, n’importe quand ») ou encore, le travail en télécentre (le « bureau partagé » dit aussi le « coworking » ). Ce sont aujourd’hui, des pratiques contractuelles ou informelles, régulières ou occasionnelles, adaptées à chaque individu ou collectivement appliquées.

Le télétravail nomade, aux contours plus flous est spontané, remet en cause les frontières traditionnelles de l’espace-temps du bureau. La variété des situations dans lesquelles peuvent se trouver des télétravailleurs nomades empêche d’établir une véritable typologie. La difficulté de l’analyse est accrue par le fait qu’il s’agit souvent d’une forme de « télétravail sauvage ».

Une chose est sûre, peu importe la forme, le travail à distance s’inscrit dans l’ère du changement permanent, que nous vivons actuellement. Le travail à distance devient une pratique de plus en plus fréquente, qu’il s’agisse d’un choix ou d’une contrainte. Mais aura-t-on encore le choix de travailler chez soi ou non, dans quelques années ?

Tous faits pour ce mode de vie ?

Lorsqu’ils sont interrogés sur les avantages et les prérequis du travail à distance, les utilisateurs de cette pratique font ressortir plusieurs caractéristiques : l’organisation, la rigueur, la connaissance de soi, la solitude, la connaissance de son environnement, mais aussi la liberté, l’indépendance et évidemment, la gestion d’un démarquage précis entre vie personnelle et professionnelle.

S’il progresse, le travail à distance n’est pourtant pas entièrement entré dans les moeurs. Selon le profil des travailleurs, il peut y avoir des résistances bien compréhensibles ! En effet, un jeune tout juste intégré au monde de l’entreprise, connaissant uniquement (ou presque) ce mode de travail à distance, va s’adapter beaucoup plus facilement à ce style de vie.

En revanche, les cadres, n’étant pas nés avec les outils numériques et ayant connu une culture d’entreprise différente, basée notamment sur les horaires, n’adhèrent pas facilement à un mode de vie trop distinct de ce qu’ils ont connu jusqu’à maintenant. Par ailleurs, qu’on soit jeune ou non, le travail à distance peut effrayer et tout le monde n’est pas prêt.

Même si les avis divergent sur la question du travail à distance, cette forme d’organisation du travail vise non seulement, pour certains, à mieux concilier vie professionnelle et vie privée, mais aussi à répondre à d’autres enjeux tels que l’écologie, la qualité de vie des salariés, la productivité des entreprises, le changement culturel, le déménagement de l’entreprise, etc. Évidemment, ce n’est pas sans points de vigilance !

Le travail à distance, quels sont les risques ?

Le travail à distance bouleverse la culture de l’entreprise et le mode d’organisation du travail. Il suscite plusieurs craintes chez l’usager comme l’isolement, la gestion vie privée/vie professionnelle, l’autonomie dans la gestion des tâches, etc.

D’autre part, quand les pratiques du télétravail ont commencé à émergés, les entreprises encore dotées d’une culture du présentéisme forte craignaient le « non-contrôle » sur les salariés et une perte de la performance. Mais finalement, il s’avère qu’à l’arrivée, les salariés travaillent même davantage à distance.

Selon la forme et l’organisation qu’il prend, le télétravail peut même parfois devenir une source de risques psychosociaux pour le salarié. Le fait d’être libre dans le temps et dans l’espace, en ayant tout de même des objectifs et des « deadlines » à respecter, provoque une pression sociale et bien souvent, le salarié travaille plus, en réduisant les temps de pauses, les temps de transports, etc.

Dans le cadre de cet article, nous avons interrogé Laura Fatton (28 ans), inspectrice commerciale, qui estime que « le travail à distance n’est pas quelque chose d’évident à mettre en place ». Elle raconte que sa première année a été un véritable désastre, elle n’arrivait pas à gérer son temps, elle ne s’était pas créé d’espace de travail.

De plus, elle travaillait encore longtemps alors que son conjoint rentrait. Elle manquait d’organisation et cela a créé un véritable déséquilibre dans sa vie personnelle. Elle a donc décidé d’arrêter le télétravail suite à cette mauvaise expérience.

Aujourd’hui, avec un temps d’adaptation relativement long admet-elle, elle travaille à nouveau à distance depuis 4 ans et avoue avoir trouvé son équilibre, et y voir même les avantages.

Le travail à distance, ça s’apprend

Les risques existent et les conséquences peuvent être lourdes. Mais rares sont ceux qui ont bénéficié d’un apprentissage, d’une phase de transition ou d’un simple accompagnement pour apprendre à travailler à distance. Pourtant, le problème, c’est justement le manque de préparation : dispersion, baisse de l’efficacité, perte de confiance, sentiment d’isolement.

La réorganisation de travail qu’oblige ce nouveau mode est valable pour le salarié ainsi que pour l’employeur. Un accompagnement différent devrait être systématiquement proposé en fonction du poste et du statut.

Par exemple, le manager doit (ré) apprendre à fixer des objectifs à long terme, à faire davantage confiance et à garantir la bonne communication au sein de son équipe. À l’inverse, les personnes exécutant du travail à distance doivent elles, s’obliger à se fixer des objectifs précis, plutôt à court terme pour gérer au mieux leur temps et se créer un vrai espace de travail.

L’idéal est d’aménager progressivement son temps de travail, et d’opter, quand c’est possible, pour « la politique des petits pas » tout en veillant à multiplier les procédures permettant de garder en permanence le contact avec l’entreprise.

Le déploiement des outils collaboratifs permet également de faciliter le travail à distance et améliorer la communication entre les travailleurs.

Un accompagnement systématique des nouveaux travailleurs à distance, managers ou salariés, permettrait la satisfaction générale et assurerait le « non-danger » pour les carrières professionnelles.

Source : lesechos.fr (2 août 2017)

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