Grandes manœuvres dans les Télécoms ! « Petites » arrières pensées ?

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Il semblerait bien que l’offre de Bouygues pour le rachat SFR, tient à ce jour, 10 mars, le cap gagnant, battant l’offre Numéricable. Cela va donc peut-être clore un des épisodes du long feuilleton « restructuration des Télécoms en France et en Europe ».

Contrairement à l’économie « classique », le secteur des Télécoms est particulièrement « encadré » : outre le jeu habituel des stratégies d’entreprises, des réactions boursières, le secteur en France et en Europe, est particulièrement sensible aux directives européennes; sur le plan national français, à l’autorité de l’ARCEP, organe de régulation, de l’Autorité de la Concurrence et bien sûr, aux pouvoirs publics français.

C’est un précédent gouvernement qui a imposé, au nom de la libre-concurrence, l’arrivée sur le marché d’un 4ème opérateur, Free. Ce nouvel opérateur, logique dans son raisonnement, a conquis sa place par des prix bradés, un vaste recours à la délocalisation et une absence d’investissements industriels.

Quelle incidence a cette guerre des prix pour les autres opérateurs ? Une perte de rentabilité, des pressions sur les résultats, une qualité de service qui se dégrade, des investissements sur l’avenir qui deviennent difficiles…et bien sûr, la volonté partout présente de faire baisser les effectifs tout en rendant la main-d’œuvre toujours plus productive ! La masse salariale restant la sempiternelle variable d’ajustement.

Mais ce sont les investissements d’avenir qui sont les plus problématiques : à tel point que dans un pays comme la France, le déploiement de la fibre, de la 4G sur l’ensemble du territoire restent aléatoires…

Début 2013, la Commission européenne, consciente des difficultés issues de ses propres décisions antérieures ( « vive la multiplication des opérateurs au nom de la libre-concurrence ! ») a fait discrètement marche arrière et demande aujourd’hui qu’il n’y ait plus que deux opérateurs par pays. Le dogmatisme bureaucratique n’est jamais loin.

Arnaud Montebourg : « si on en revient à trois, on est plus fort que si on subsiste à quatre ! »

Le vibrionnant ministre du Redressement productif a donc, semble-t-il, joué un rôle très actif dans les manœuvres de coulisses de cette semaine œuvrant pour qu’il ne reste plus que trois acteurs : SFR-Bouygues, Free et Orange. Le tout bouclé avec des contreparties pas nécessairement d’une grande clarté. Bouygues a ainsi fait ce dernier week-end (7/8/9 mars) une proposition à Free de lui vendre un réseau mobile de 15 000 antennes, dont celles de la 4G.

Le passage de trois à quatre opérateur (avec Free) avait déjà couté des milliers d’emplois par ans, sans amélioration significative du service à la clientèle. Que va coûter la marche arrière en termes d’emplois, de conditions de travail, de nouvelles délocalisations ?

« La ligne rouge est claire : ce sera zéro plan social, zéro plan de départs volontaires, zéro licenciement. Et engagement de patriotisme économique, c’est-à-dire cotation à la Bourse de Paris, siège social en France, recherche et développement en France, relocalisation de centres d’appels et achat des équipements télécoms chez le français Alcatel », promet Arnaud Montebourg (Le Parisien 9 mars 2014).

Les syndicalistes UNSA du secteur des télécommunications restent à ce jour, très dubitatifs sur ces engagements…

La direction d’Orange, « vigilante » ? Nous aussi !

A la suite des grandes manœuvres de ce début de mois de mars, la direction a fait paraître le 10 mars, un communiqué plutôt rassurant : « Orange accueille favorablement les projets de consolidation des acteurs télécoms français de ces derniers jours, qui répondent à la déstabilisation du marché que nous dénonçons depuis plusieurs mois. En effet, cette consolidation laisserait espérer une égalisation des conditions de concurrence, et notamment la nécessité pour tous de financer de lourds investissements, qui permettrait une plus grande rationalité des acteurs ». Mais le groupe qui souhaite « rester le point stable du marché français », restera « extrêmement vigilant aux conditions dans lesquelles se feront ces rapprochements, notamment sur le point tout à fait stratégique des fréquences qui constituent la matière première des services d’aujourd’hui et de demain. »

Cette vigilance industrielle devra se doubler d’une vigilance sociale de la direction puisque nous assistons, avec les très nombreux départs programmés en retraite et en Temps Partiel Senior (15 000 d’ici 2015, 30 000 d’ici 2020) et l’aggravation du climat concurrentiel, à une nette dégradation du travail et des conditions de travail, avec des alertes sur la santé tant physique que psychique des salariés de France Télécom-Orange, santés sur lesquelles, nous serons nous-mêmes très vigilants

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